- Aujourd’hui, 05:29
#2920444
Le moment où j’ai senti que quelque chose m’échappait
Je ne saurais pas dire à quel instant précis tout a commencé à glisser.
Il n’y a pas eu de rupture nette, pas de signal évident.
Juste une sensation diffuse, presque imperceptible au début.
J’étais toujours là, présent, attentif.
Je regardais, j’observais, comme je l’avais fait depuis le début.
Mais peu à peu, j’ai compris que ce que je voyais ne m’appartenait plus tout à fait de la même manière.
Ce n’était pas une inquiétude.
Plutôt un léger déséquilibre.
Comme lorsque l’on croit maîtriser une situation, et que l’on réalise soudain qu’elle suit sa propre logique.
Florence restait calme, naturelle.
Mais quelque chose avait changé dans sa façon d’être.
Une assurance nouvelle, peut-être.
Ou simplement une liberté qu’elle s’autorisait sans me regarder pour y chercher une validation.
Et c’est là que je l’ai senti.
Pas dans un geste précis.
Pas dans un regard particulier.
Mais dans cette évidence silencieuse :
ce qui se jouait sous mes yeux n’était plus seulement un trouble partagé…
c’était quelque chose qui lui appartenait aussi, à elle.
Étrangement, ce constat ne m’a pas effrayé.
Il m’a traversé comme un mélange de vertige et d’excitation retenue.
J’étais encore là, au centre de l’histoire,
mais je n’en tenais plus tous les fils.
Avec le recul, je sais que c’est à cet instant que tout a réellement commencé.
Avant même que quoi que ce soit ne se passe.
Avant même que je sois capable de le nommer.
Sur le bateau, le temps semblait ralentir.
Le bruit de l’eau, le soleil, le mouvement régulier… tout invitait au relâchement.
Ils étaient assis non loin l’un de l’autre.
Au début, rien d’évident.
Puis j’ai vu ce premier geste :
sa main qui effleure la cuisse de Florence, presque par inadvertance.
Un contact bref.
Puis un retrait.
Comme s’il testait… ou attendait.
Florence n’a pas bougé.
Ni recul, ni réaction visible.
Juste cette même posture tranquille, ce calme qui la caractérise.
Il a laissé passer un moment.
Ils ont parlé.
Le bateau avançait.
Puis, un peu plus tard, il s’est rapproché, doucement, et cette fois sa main est venue se poser à sa taille.
Là encore, sans précipitation.
Comme une suite logique, posée, assumée.
Entre chaque geste, il y avait des pauses.
De longues secondes.
Assez pour que je voie.
Assez pour que je ressente.
Et moi, je regardais.
Conscient de chaque détail.
Troublé par cette progression lente, presque respectueuse,
et par le fait que Florence acceptait cette proximité… sans un mot.
Au fond de moi, l’excitation montait, réelle, contenue.
Mais jamais je n’ai pensé que cela irait plus loin.
Pour moi, cela restait ce moment suspendu, fait de frôlements et de silences,
sans imaginer une seule seconde que ce cadre serait un jour dépassé.
Avec le recul, je comprends que tout était déjà là.
Pas dans l’intensité,
mais dans la façon de prendre le temps...
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