- Aujourd’hui, 05:47
#2923555
Nous avons accosté en fin d’après-midi.
La lumière commençait à décliner, cette douceur particulière qui accompagne les fins de journée en vacances.
Rien ne semblait extraordinaire.
Et pourtant, tout me paraissait chargé d’une tension nouvelle.
C’est lui qui a proposé de se revoir le soir.
Un dîner, simplement.
Un restaurant qu’il se chargerait de réserver.
Florence a répondu oui sans hésiter.
Un oui naturel, spontané, presque évident.
Comme si cette suite s’inscrivait déjà dans la continuité de la journée.
Sur le moment, je n’ai rien dit.
Je me suis contenté d’acquiescer, moi aussi.
Mais intérieurement, quelque chose s’est serré… et en même temps détendu.
Une sensation étrange, faite d’appréhension et d’attente mêlées.
De retour à l’hôtel, Florence s’est préparée.
Sans agitation particulière.
Avec cette légèreté qu’elle a souvent quand elle se sent bien.
Je l’observais, discrètement.
Ses gestes, ses choix de tenue, le soin qu’elle prenait sans excès…
Tout me semblait chargé d’un sens que je n’arrivais pas encore à nommer.
Moi, je faisais semblant d’être dans la banalité du moment.
Une douche, quelques affaires, des gestes mécaniques.
Mais mon esprit était ailleurs.
Déjà projeté dans ce dîner à venir.
Dans cette soirée qui s’annonçait comme une simple suite logique…
et qui pourtant me paraissait lourde de possibles.
Quand nous sommes sortis de l’hôtel pour le retrouver,
j’ai senti ce changement subtil.
Pas une rupture, pas un basculement brutal.
Plutôt cette impression étrange que la soirée ne m’appartenait déjà plus tout à fait.
Florence marchait à côté de moi, détendue, souriante.
Comme si ce dîner n’était qu’un moment de plus dans nos vacances.
Et moi, je sentais monter en moi autre chose.
Une attente silencieuse, presque physique.
Je ne savais pas ce qui allait se passer.
Je ne savais même pas ce que j’espérais réellement.
Mais je savais une chose :
ce simple dîner n’avait déjà plus rien d’anodin.
Et, en avançant vers ce restaurant,
j’ai compris que ce n’était plus une journée qui se prolongeait…
c’était une nouvelle page qui commençait à s’écrire.
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